DERMATITE ATOPIQUE, OÙ EN SOMMES-NOUS ? | BIODERMA France

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11 Mars 2014

DERMATITE ATOPIQUE, OÙ EN SOMMES-NOUS ?

La première séance plénière du World RV on Dermatology organisé avec le soutien de la Fondation BIODERMA sous l’égide de la Fondation de France a réuni les Professeurs Thomas Bieber (Allemagne), expert de l’atopie, Jean-François Bach (France), expert de l’immunologie et Yoshiki Tokura (Japon), chef du département dermatologie de l’Université de Hamamatsu.

Les interventions de ces 3 spécialistes de la dermatite atopique ont permis d’apporter une nouvelle vision sur une pathologie déjà connue.
La dermatite atopique reste une maladie très hétérogène dans ses causes et très différente dans ses manifestations, avec un point commun : une sécheresse intense et une inflammation chronique de la peau. La marche atopique, déjà mise en évidence par le Pr Bieber, s’organise en 3 phases : inflammation sans sensibilisation aux allergènes, inflammation avec sensibilisation et enfin, phase allergique.

L’origine génétique n’est pas toujours avérée, mais dans tous les cas, on observe une altération de la barrière cutanée qui ne joue plus son rôle et laisse « une fenêtre ouverte aux allergènes » selon les mots du Pr Bieber. L’inflammation provoquée par les allergènes n’est pas seulement locale mais implique tout le système immunitaire.

Dans ce contexte, le microbiome apparaît comme le nouvel élément-clé du raisonnement sur le sujet. Cette appellation désigne l’ensemble des cellules qui colonisent l’organisme mais n’appartiennent pas au corps, soit 1,5 kg au total de bactéries, virus et autres organismes extérieurs, au moins 500 espèces différentes. Le microbiome représente 10 fois plus de cellules que celles de notre propre corps ! Le Pr Bieber parle de « second génome » et ce microbiome, localisé sur la peau et dans le tube digestif en particulier, met à l’épreuve notre système immunitaire en permanence. D’où des difficultés prévisibles en cas de « fenêtre laissée ouverte », autrement dit d’altération de l’efficacité de la barrière cutanée.

L’une des sensibilisations les plus fréquentes est alimentaire, les professeurs Bieber et Hokura sont d’accord sur le sujet. La nouveauté, c’est qu’il semble qu’un simple contact cutané avec la nourriture, même sans ingestion, puisse provoquer l’inflammation dans le cas de l’atopie.
D’où la fréquence des manifestations autour de la bouche chez les bébés. Mais la diversification alimentaire précoce reste d’actualité selon eux, « elle favorise la tolérance » selon le Pr Bieber.
Parallèlement, le Pr Bach souligne la corrélation entre l’hygiène accrue des sociétés occidentales et l’augmentation des maladies allergiques et auto-immunes. D’après lui, l’exposition précoce aux allergènes améliore les performances du système immunitaire. Un environnement trop sain élimine les agents pathogènes qui auraient aussi un rôle protecteur.