LA PEAU ET LES CELLULES SOUCHES | BIODERMA France

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12 Mars 2014

LA PEAU ET LES CELLULES SOUCHES

La dernière thématique du World Rendez-vous on Dermatology organisé avec le soutien de la Fondation BIODERMA sous l’égide de la Fondation de France a suscité un immense intérêt de la part des dermatologues réunis à Tokyo à l’occasion de cet événement.

Pour évoquer les derniers développements sur la connaissance des cellules souches et de leur potentiel de régénération de la peau, trois orateurs prestigieux et très attendus : les Professeurs Katsuto Tamai (Japon), Kiarash Khosrotehrani (Australie) et Selim Aractingi (France). Ils ont d’abord rendu hommage au Pr Shinya Yamanaka pour ses travaux sur les cellules souches, qui ont été récompensés par le Prix Nobel de physiologie et de médecine en 2012.

L’intervention du Pr Katsuto Tamai a débuté par un rappel de la notion même de vie, qui se définit entre autres par une capacité de renouvellement intrinsèque. La définition d’une cellule souche contient cette idée de potentiel de renouvellement, avec des cellules capables de remplir les fonctions de n’importe quelle cellule de l’organisme. L’être humain dispose d’un formidable réservoir de cellules souches, la moelle épinière. Les travaux du Pr Tamai ont montré qu’en cas de blessure, un signal d’alerte se déclenche et la moelle épinière transfère des cellules souches pour réparer l’organe touché. Si des médicaments futurs pouvaient amplifier ce signal de mobilisation des ressources de la moelle épinière, on pourrait alors favoriser l’accélération et la régénération des tissus.

Le Pr Kiarash Khosrotehrani a rappelé que les problématiques de cicatrisation des plaies font partie des premiers motifs de consultation dans les sociétés occidentales. Dans l’objectif global de restaurer la barrière épidermique et toutes ses fonctionnalités avec un minimum de cicatrices, ses travaux s’inspirent à la base de deux exemples très étonnants de capacités de régénération. D’abord celui de la salamandre capable de se reformer intégralement après une blessure, mais aussi et surtout celui du foetus humain, qui peut de la même manière reconstituer ses tissus sans aucune trace, il s’agit là davantage de régénération que de cicatrisation. Ce pouvoir miraculeux repose sur 2 propriétés des cellules souches embryonnaires, le renouvellement permanent et la plasticité pour répondre aux besoins de l’organisme. Les dernières études du Pr Kiarash Khosrotehrani prennent l’exemple des follicules capillaires comme modèle d’activité de renouvellement des cellules souches. Ses travaux ont démontré leur mobilisation très rapide en cas de plaie et leur transfert sur la zone à réparer. Un grand pas en avant dans la connaissance des cellules souches épidermiques, avec des applications cliniques déjà en cours.

Enfin, le Pr Selim Aractingi a expliqué comment toute femme ayant eu au moins un enfant conservait toute sa vie un patrimoine de cellules souches d’origine extérieure, trace des échanges de cellules souches foetales pendant la gestation. Il s’est donc demandé quel impact et quel rôle pouvait jouer ce microchimérisme sur la peau. Là encore, ses travaux ont confirmé la corrélation entre cicatrisation et présence de cellules souches foetales sur la zone.

La question se pose de pouvoir optimiser ce phénomène pour imaginer des traitements naturels à base de cellules souches de génotype différent et avec d’autres capacités. A travers ces trois regards croisés, c’est une nouvelle perspective de recherche qui s’affine pour les thérapies cellulaires.