L’ONCO-DERMATOLOGIE EN 2014 | BIODERMA France

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18 Mars 2014

L’ONCO-DERMATOLOGIE EN 2014

Pour faire le point sur l’onco-dermatologie, le World Rendez-vous on Dermatology organisé avec le soutien de la Fondation BIODERMA sous l’égide de la Fondation de France a invité 3 experts du sujet à s’exprimer à Tokyo. Le Dr Caroline Robert (France), les Professeurs Naoya Yamazaki (Japon) et Peter Soyer (Australie) ont ainsi pu confronter leurs expériences respectives.

Impliquée dans de nombreux essais cliniques sur les cancers de la peau, le Dr Robert a fait le point sur la gestion du mélanome en 2014 au quotidien à l’Institut Gustave Roussy de Paris mais a aussi donné sa vision des traitements futurs dans les années à venir.
Il y a 2 ans encore, le taux de survie des patients atteints de mélanome avec métastases était de 25 % après 1 an. Beaucoup de progrès ont été faits récemment dans la compréhension de la biologie du mélanome, différents types ont été identifiés avec des évolutions très spécifiques. Pour le plus fréquent dans nos pays sur des peaux claires, une mutation du gène BRAF-I est impliquée dans plus de 50 % des cas. Les traitements à base d’inhibiteurs de BRAF-I ont donné d’excellents résultats dans un premier temps, avec des taux de réponses très rapides avoisinant les 60 %. Malheureusement un taux de rechute très important a été observé par la suite. Des traitements combinés sont donc actuellement testés pour améliorer les résultats en empêchant aussi la réactivation de la prolifération cellulaire. Les premiers essais très prometteurs ont permis de doubler les scores. Enfin, le Dr Robert a évoqué les perspectives encourageantes ouvertes par les traitements de stimulation du système immunitaire à base d’anti-PD1 depuis 5 ans. Ces très bons résultats concernent une petite proportion de patients, mais il faut dépasser la phase des premiers tests pour consolider les résultats qualifiés d’impressionnants. L’arsenal thérapeutique actuel permet désormais une approche plus fine en fonction du type de mélanome, avec ou sans mutation BRAF, avec l’espoir de progresser encore pour améliorer les chiffres de réponse et de survie.

Le Pr Yamakasi a lui aussi évoqué les protocoles de traitements actuellement utilisés au Japon face aux différents cancers de la peau, en précisant que la chimiothérapie restait essentielle.
Enfin, le Pr Soyer a décrit la situation en Australie où les cancers cutanés sont un véritable problème de santé publique, avec un demi-million de personnes traitées chaque année. Après avoir présenté les différentes stratégies en fonction des types de cancers, et notamment du carcinome à cellules squameuses (SCC), il a insisté sur l’augmentation au Queensland des cas de carcinomes à cellules de Merkel, encore plus agressifs que les mélanomes. Selon le Pr Soyer, l’avenir passe par une médecine prédictive basée sur une meilleure connaissance du génotype afin d’identifier les profils à risque. Mais aussi sur le développement d’outils novateurs à l’usage des patients pour améliorer la prévention et la détection des lésions à un stade précoce : il a ainsi présenté une application pour téléphone mobile disponible en Australie qui permet d’envoyer une photo de la lésion suspecte pour pré-diagnostic.