WCD 2015 Vancouver - Tumeurs et psoriasis unguéal, alopécie androgénétique masculine, verrues plantaires, dermatoscope et CBC, DL-PDT | BIODERMA France

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11 Juin 2015

WCD 2015 Vancouver - Tumeurs et psoriasis unguéal, alopécie androgénétique masculine, verrues plantaires, dermatoscope et CBC, DL-PDT

Vancouver classée 7ème ville parmi les plus agréables à vivre dans le monde ! C’est la une des journaux locaux ici et nous ne pouvons que leur donner raison… Même si les congressistes n’ont que peu de temps libre vu la richesse et le rythme des événements de cette journée du 11 juin. Comme chaque jour, voici le résumé des grands moments de jeudi, avec le compte-rendu des sessions de nos dermatologues. Pour l’anecdote, la ville de Tokyo a obtenu la place de N°1, un petit clin d’œil au dernier World Rendez-Vous de Bioderma l’an dernier !

World congress of dermatology - Vancouver 2015

 

Démarche diagnostique d’une bande noire de l’ongle -B-M Piraccini (Bologne) Par le Dr Florence Corgibet

- Est-ce que la pigmentation est due à de la mélanine dans l’ongle ou non ?
- Si oui, c’est une mélanonychie longitudinale (ML). Combien d’ongles sont atteints ?
- Si un seul, est-elle associée à d’autres atteintes de l’ongle pouvant expliquer l’aspect ?
- Si non, c’est une ML non expliquée. Est-ce un enfant ou un adulte ?
- Si c’est un enfant, surveillance simple (moins de 10 cas mondiaux de mélanome unguéal de l’enfant publiés)
- Si c’est un adulte, appliquer la règle ABCDEF + dermoscopie
A pour âge – pic entre 50 et 70 ans- + origine Asiatique, Afro-américain, Américain
B pour bande : foncée (brown-black), breadth (large de 2 à 3 mn), bordure irrégulière
C pour changement rapide (largeur proximale de la bande plus grande que la largeur distale)
D pour doigt atteint (d’abord le pouce, puis le gros orteil, puis l’index et surtout la main dominante)
E pour extension (signe de Hutchinson)
F pour histoire familiale

Autres tumeurs pouvant se présenter avec une bande noire unguéale
12% des carcinomes épidermoïdes sous-unguéaux se présentent sous forme d’une verrue périunguéale avec une bande noire longitudinale très évocatrice et qui doit faire faire une biopsie  (B Richert – Bruxelles)
L’onychomatricome ( A Rubin – USA) peut se présenter sous forme d’une ML (23,3 % des cas ) lorsque la tumeur provient du lit de l’ongle mais avec un épaississement du lit de l’ongle (Br J Dermatol 2015, may 12, epub ahead of print)
L’onychopapillome dont la ML ne démarre qu’après la matrice au milieu du lit de l’ongle avec un épaississement distal bien visible à la dermoscopie, de même que le matricome onychocytique qui est souvent pris pour un corps étranger (Rubin et al, JAMA 2014 ; 150).  

Traitements locaux  du psoriasis unguéal - D. Rigopoulos (Athènes) Par le Dr Florence Corgibet

Efficacité statistiquement significative du tacrolimus à une application par jour pendant 12 semaines dans une étude ouverte sur 21 patients  par rapport à la main opposée prise comme contrôle (De Simone et al. JEADV 2013 ; 27 : 1003-6)
Efficacité de l’IPL (Tawfik et al, Dermatol Surg 2014) chez 20 patients traités toutes les deux semaines pendant 6 mois surtout en cas d’atteinte du lit de l’ongle (71,2 % versus 32,2 % pour l’atteinte matricielle). Etude comparée IPL versus Excimer (long, chronophage et peu efficace) dans cette indication en faveur de l’IPL (Al Mutain, Dermatol  Ther 2014 ;4 :197-205).
Des formulations de Méthotrexate local sont à l’étude (phase 2 ) pour évaluer la tolérance et l’efficacité thérapeutique. Peut-être une alternative intéressante. 

Traitements de l’alopécie androgénétique masculine -E.Olsen (USA) Par le Dr Rémi Maghia

Le finastéride fait décroître la DHT sérique de 70 %, tandis que le dutastéride la fait décroître de plus de 90 % (Olsen, 2006). Or, Olsen a prouvé que la diminution de la DHT du cuir chevelu est corrélée avec une augmentation du compte de cheveux, pour le finastéride et le dutastéride (Olsen, 2006). En compte de cheveux, le dutastéride 0.5 mg fait mieux que le finastéride 5 mg et le placebo (Olsen 2006), et fait mieux que le finastéride 1mg et le placebo (Harcha, 2014). Les effets secondaires potentiels sur la spermatogénèse : peu rapportés avec le finastéride 1mg ; -25 % à 52 semaines avec le dutastéride.
Autre comparaison, par ordre d’efficacité thérapeutique croissante : minoxidil 2 %, finastéride 1mg, association finastéride 1mg + 2 % minoxidil 2 % topique, finastéride 1mg + minoxidil 2 % + Kétoconazole shampooing à 2 % 3x/semaine.
Dans les essais cliniques, les shampooings zinc pyrithione et kétoconazole 2 % ont montré une aide, par une diminution de la chute des cheveux, même en l’absence de séborrhée grâce à leur action anti-inflammatoire. La lotion de kétoconazole  de plus aurait une propriété antiandrogène : une étude japonaise 2007 a montré une repousse « remarquable » (lotion kétoconazole quotidienne, 12 mois).
Le peigne Laser (LaserComb*) : résultats positifs contre « faux device » en compte de cheveux, études Jimenez 2014 et Olsen 2002. Le casque LED et Laser, 16 semaines de séances quotidiennes de 25 mn, efficacité contre « faux device ».

Trichoscopie
-Dans la teigne, la dermoscopie ou la vidéodermoscopie sont un moyen rapide et facile de porter le diagnostic avant le résultat du prélèvement mycologique. Les signes hautement caractéristiques sont les cheveux en virgule et les cheveux en tire-bouchon. Utilité aussi pour la surveillance de l’efficacité du traitement.
-Pour faciliter le diagnostic d’alopécie androgénétique (Bianca-Maria Piraccini-Bologne), qu’elle soit féminine ou masculine, il faut comparer en dermoscopie l’homogénéité du calibre des cheveux en zone occipitale rarement touchée par l’AAG à l’hétérogénéité du calibre des cheveux (anisotrichie) dans la zone antérieure, difficile à repérer sans cette comparaison. Quand faire la trichoscopie ? Au moment du diagnostic et durant le suivi (tous les 6 à 12 mois). La miniaturisation explique la variabilité des diamètres, mais il faut savoir aussi que la prolongation de la phase dite kinogène induit le phénomène de follicule vide, car il y a une phase de latence sans l’arrivée rapide d’un nouvel anagène dans le follicule. Cette phase de latence se traduit dermoscopiquement par les points jaunes, observés plus souvent chez les hommes que chez les femmes dans l’AAG.

Une technique de traitement simple des verrues plantaires – D.Ratod (Mumbai) Par le Dr Jean-François Sei

La multiplicité des traitements des verrues plantaires est un bon indicateur des difficultés souvent rencontrées pour les guérir. Un poster signé par Dipali Ratod et coll, de Mumbai en Inde, propose une technique simple de « needling ». 25 patients ayant au minimum 3 verrues plantaires évoluant depuis plus de 5 ans et rebelles aux thérapeutiques habituelles sont inclus dans cette étude. Sous anesthésie locale, les verrues sont piquées à de multiples reprises avec une aiguille 18 G jusqu’à obtenir un petit saignement ponctuel : 18 patients sont guéris à 3 semaines sans effets secondaires notables et sans récidive à 3 mois, 5 ont une réponse partielle et 2 sont perdus de vue. Une autre étude par Longhurst (J .Clin.Med. 2013,2,13-21 ) montre une guérison à 8 semaines dans 69 % des cas avec 46 patients. Cette méthode rapide, simple et peu onéreuse mériterait d’être tentée dans certains cas difficiles et de faire l’objet d’une étude contrôlée. 

Dermatoscope et CBC– S. Ishizaki (Tokyo) Par le Dr Jean-François Sei

Un poster japonais de Sumiko Ishizaki et coll de l’Université de Tokyo compare le diamètre moyen des CBC diagnostiqués dans l’Ere Pré-dermoscopique (EP) (1998-2005 ) à celui observé à l’Ere Dermoscopique (ED) (2006-2013 ) : la différence est statistiquement significative avec un diamètre moyen de 13,3 mm en EP versus 10,5 en ED ( p = O,O3 ) et un diamètre inférieur à 15 mm pour les 2/3 des CBC opérés en EP versus 3/4  des CBC/PD. Certes, le dermatoscope n’est sans doute pas le seul facteur en cause dans cette évolution mais contribue sans doute par son efficacité dans le diagnostic précoce à traiter des lésions plus petites. 

Efficacité de la Day-light mediated PDT– C. Zachary (Irvine - Californie) Par le Dr Jean-François Sei

Le Pr Chris Zachary  a rappelé lors de la séance plénière de ce jour que la « Day-light mediated PDT  (DL-PDT)» est adaptée au traitement des KA fines à modérées. Un écran solaire chimique doit être préalablement appliqué sur les zones photoexposées et l’ALA appliqué après dégraissage cutané et curetage léger (ou par du laser fractionné) des lésions 60 minutes avant l’exposition à la lumière : le patient s’expose alors à la lumière extérieure pendant 2 h et demie. Le ciel peut être nuageux, mais il ne doit pas pleuvoir. Impératif : le patient ne doit pas s’exposer pendant les 48 heures suivantes sous peine de phototoxicité importante. Cette technique est beaucoup moins douloureuse que la PDT classique, ne nécessite aucun équipement particulier et s’avère aussi efficace que la PDT classique. Il a montré également les résultats spectaculaires obtenus par les lasers picosecondes dans le détatouage : ces lasers permettent de délivrer de très haut niveau d’énergie dans les tissus avec une destruction localisée des granules de pigments avec très peu de réactions des tissus environnants.