Conseils dermatologie Peau sèche et eczéma localisé - l'eczéma atopique et l'eczéma de contact

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Peau fragilisée par les traitements anticoagulants

Mieux la comprendre, mieux en prendre soin

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Les maladies cardio-vasculaires sont la première cause de mortalité dans le monde et la seconde en France*, où l'on compte chaque année plus de 130 000 accidents vasculaires cérébraux, soit 1 toutes les 4 minutes, 120 000 infarctus du myocarde** et 600 000 à 1 000 000 de personnes*** victimes de fibrillation atriale. Les anticoagulants ont fait la preuve de leur efficacité aussi bien dans la prévention des risques d'accident vasculaire que dans leur traitement, et leurs ventes en France ont doublé entre 2000 et 2012****. Ainsi en 2013, l'ANSM estime que plus de 3 millions de patients ont reçu un anticoagulant. Cependant ils ont certains effets secondaires importants, dont le plus fréquent est un risque hémorragique qui au niveau cutané se traduira par une tendance accrue aux hématomes. Ainsi, les personnes sous traitement AVK ou anticoagulant sont sous surveillance stricte et suivent des règles d'hygiène de vie précises.

*European Heart Journal-Août 2016
**INSERM
***A.Charlemagne et al. Epidémiologie de la fibrillation atriale en France : extrapolation à partir des données internationales et point sur les hospitalisations. Archives of Cardiovascular diseases. 2011;104:115-24
****Agence Nationale de la Sécurité du Médicament www.ansm.sante.fr

Résumé
  1. Qu'est-ce qu'un hématome ?
  2. Pourquoi les anticoagulants favorisent-ils les bleus ?
  3. Quels types de traitements sont concernés ?
Peaux fragilisées

Qu'est-ce qu'un hématome ?

Appelé "bleu" dans le langage courant, l'hématome est lié à un choc qui provoque une contusion locale visible sur la peau, inesthétique et souvent douloureuse. On constate une tache aux contours irréguliers, car le choc a provoqué une rupture des capillaires sous la peau. En fonction de la zone touchée et de sa vascularisation, le liquide et le sang se répandent dans les tissus avoisinants et le plasma crée un oedème, c'est-à-dire un gonflement de la zone abîmée qui devient rapidement enflée. En même temps, l'épanchement de sang crée une ecchymose, le "bleu" à proprement parler, qui va changer de couleur au fil du temps, à mesure qu'il se résorbe. D'abord rouge après le traumatisme, il devient noir violet après quelques jours puis vert et enfin jaune brun avant de disparaître. L'ensemble du processus de réparation des capillaires endommagés prend environ 1 à 2 semaines, en l'absence de traitement anticoagulant. Mais il peut durer parfois plus longtemps selon la sévérité du choc et encore davantage si la personne est sous traitement médicamenteux.

Pourquoi les anticoagulants favorisent-ils les bleus ?

Les traitements anticoagulants sont destinés à ralentir la coagulation. On dit qu'ils ""fluidifient"" le sang pour empêcher la formation de caillots dans les vaisseaux sanguins, qui pourraient provoquer un infarctus ou un AVC. Revers de la médaille, ils augmentent du même coup le risque de saignement en cas de plaie, mais aussi de saignement sous-cutané en cas de choc. Voilà pourquoi les patients sous anticoagulants ont fréquemment des bleus, parfois spectaculaires même en cas de choc de faible intensité. Le moindre traumatisme va occasionner un hématome cutané de taille disproportionnée et qui mettra beaucoup plus longtemps à se résorber que d'habitude. Facteur aggravant, les traitements anticoagulants concernent souvent des personnes âgées, dont les vaisseaux sont plus fragiles, la peau plus fine avec une tendance à marquer davantage.

Quels types de traitements sont concernés ?

Indispensable dans le traitement des maladies thrombo-emboliques, mais aussi des phlébites profondes, de certaines immobilisations prolongées et des troubles du rythme cardiaque, la classe médicamenteuse des anticoagulants se répartit en trois familles.

  • Les héparines, appelés anticoagulants d'action rapide, prescrits pour résorber un caillot ou pour le prévenir en cas d'immobilisaiton par exemple.
  • Les antagonistes de la vitamine K, appelés AVK, qui sont intégrés dans le traitement de fond des patients présentant un risque cardio-vasculaire élevé (arythmie cardiaque, maladie artérielle, phlébite, embolie pulmonaire…) et dont le dosage doit être très précis pour éviter tout risque hémorragique.
  • Les Antiacoagulants Oraux Directs (AOD) dernière génération de molécules, encore peu prescrits.