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Tout savoir sur l'eczéma de l'enfant

Terrain génétique, alimentation, environnement, pollution ? Même si les causes sont complexes et discutées, le nombre d’enfants touchés par l’eczéma atopique ne cesse d’augmenter, c’est la maladie de peau la plus fréquente chez les enfants. Difficile à vivre au quotidien pour toute la famille, cette maladie de peau chronique disparaît le plus souvent à l’âge adulte (mais pas toujours…). Pour bien soigner la dermatite atopique, il faut d’abord bien la comprendre. Que se passe-t-il donc dans la peau de votre enfant ?

L’eczéma de l’enfant en augmentation constante depuis 40 ans

Vous avez sans doute l’impression qu’il s’agit d’une véritable épidémie… Dès que l’on parle de la dermatite atopique (DA ou plus communément appelée eczéma atopique), on est surpris de voir que tant de parents sont concernés. Dans les pays industrialisés, on estime que 10 à 20 % des enfants développeront des signes de dermatite atopique au cours de leur vie.1 Certains médecins affirment recevoir en consultation au moins 3 enfants semaine pour ce motif, ce qui est beaucoup.

C’est quoi exactement l’eczéma atopique de l’enfant ?

Ce qu’on appelle couramment eczéma de l’enfant est en réalité une pathologie bien identifiée, la dermatite atopique (DA). Il s’agit d’une maladie de peau inflammatoire chronique, d’origine génétique, mais dont les manifestations sont provoquées par des facteurs environnementaux. L’eczéma de l’enfant provoque d’intenses démangeaisons et présente un risque élevé de surinfection.

Une maladie cyclique qui fonctionne en 2 temps :

1. La poussée d’eczéma

  • Des plaques apparaissent sur la peau, d’abord rosées puis de plus en plus rouges et granuleuses.
  • Cette inflammation de la peau provoque d’intenses démangeaisons. Si votre enfant se gratte, l’inflammation s’aggrave, ce qui augmente encore les démangeaisons et risque de surinfecter les plaques.
  • Les plaques finissent par suinter, vous pouvez voir des bulles de liquide (vésicules) et des petites croûtes se former. La zone peut même être gonflée (œdème). A ce stade, le risque de surinfection par des bactéries (staphylocoque doré) est maximum. L’envie de se gratter aussi…
  • Les petites plaies liées au grattage compliquent encore la situation.
     

2. L’accalmie

  • Grâce aux traitements anti-inflammatoires (dermocorticoïdes), l’état de la peau s’améliore, les plaques disparaissent, mais la sécheresse est toujours là.
  • Les sensations de démangeaisons restent présentes même sans plaques d’eczéma, car une micro-inflammation persiste sur la peau. L’hydratation avec des émollients doit être poursuivie QUOTIDIENNEMENT.
  • Quelques semaines plus tard, une nouvelle poussée s’amorce, sans qu’un événement particulier soit forcément identifié. Les phases de crise et de rémission s’enchaînent… Mais une bonne hydratation de la peau permet de les espacer. 

Comment reconnaître l’eczéma atopique ?

L’eczéma de l’enfant peut débuter très tôt, dans les 3 premiers mois de la vie, ou parfois plus tard. Votre enfant a la peau très sèche (une xérose en langage médical), souvent des dartres (petites plaques sèches qui pèlent), avec parfois des plaques rouges qui apparaissent par poussées ? Il se gratte, se tortille à cause de l’inconfort, pleure souvent, a du mal à trouver le sommeil ou se réveille plusieurs fois par nuit ?  Il est possible qu’il souffre de dermatite atopique (ou eczéma atopique), il vaut mieux consulter un médecin, qui mettra en place un traitement adapté. L’eczéma de l’enfant disparaît le plus souvent à la puberté, mais le risque de nouvelle crise n’est jamais totalement exclu à l’âge adulte. 

Les signes qui peuvent vous alerter :

  • Le grattage, causé par les démangeaisons, est l’un des premiers symptômes de l’eczéma atopique. Mais les bébés ne peuvent se gratter ! Si votre bébé est très agité, pleure beaucoup, examinez-le pour détecter d’éventuelles plaques d’eczéma et consultez votre pédiatre.
     
  • Chez les nourrissons, les plaques d’eczéma rouges sont d’abord localisées sur les zones rebondies en général, les joues, les bras et les jambes, le cuir chevelu et les fesses.
     
  • En grandissant, après 12 mois, les plaques migrent plutôt dans les zones de flexion, c’est-à-dire les plis (cou, arrière des genoux, creux du coude, derrière les oreilles), autour de la bouche et sur les mains. 
     

L’impact sur la qualité de vie de l’enfant : ça gratte vraiment…

L’eczéma a un impact très important sur la qualité de vie, à cause de l’inconfort causé par les démangeaisons. Lorsqu’elles sont particulièrement intenses, les médecins parlent de prurit insupportable. Ne vous étonnez pas que votre enfant soit énervé ou grognon, qu’il ait réellement du mal à dormir ou à se concentrer à l’école. Il est mal dans sa peau au sens propre ! Pas facile de contrôler les réactions de grattage chez un enfant… Pourtant se gratter entretient le cercle vicieux de l’inflammation et de la surinfection. Des solutions existent pour accompagner votre enfant et soulager les démangeaisons. 

Les causes de l’eczéma de l’enfant : d’où vient la dermatite atopique ?

Un profil génétique avant tout, mais pas seulement…

L’eczéma de l’enfant s’explique d’abord par un terrain génétique favorable, on parle de terrain atopique. Les familles prédisposées à l’atopie ont une sensibilité particulière aux allergènes de l’environnement. En effet, la peau des atopiques est très sèche et poreuse, ce qui la rend particulièrement perméable à tous les allergènes présents dans l’air et à tous les agents irritants de l’environnement au sens large. Le risque pour un enfant d’avoir de l’eczéma atopique est de 30% si un parent est ou a été atopique, de 70 % si les deux parents sont concernés.

Est-ce que tous les enfants d’une même famille sont touchés ?

Si vous avez un enfant avec de l’eczéma, ses frères et sœurs n’en auront pas obligatoirement. Le profil individuel est prépondérant. Le mode de transmission génétique n’est encore pas tout à fait clair. Il implique une mutation de certaines protéines de la peau, des processus complexes aboutissant à la mutation de certains gènes. Voilà pourquoi tous les cas individuels sont différents, même si l’on parle de terrain génétique. L’un des enfants d’une famille peut être touché, les autres non, même s’il existe une prédisposition familiale. L’histoire individuelle est très importante, ainsi que les conditions environnementales de chacun.

La théorie de l’hygiène excessive

Le terrain familial est donc prépondérant, mais ne suffit pas à expliquer l’explosion du nombre de cas depuis 40 ans. Statistiquement, d’après les études publiées ces 10 dernières années, la dermatite atopique est plus répandue en zone urbaine et dans les milieux socialement et économiquement privilégiés. L’une des théories de ceux qui considèrent la dermatite atopique comme une “maladie des enfants trop bien protégés” est qu’ils ne sont plus en contact avec les allergènes naturels, auxquels les humains ont été habitués.  Par conséquent, ils deviennent de plus en plus sensibles. Mal stimulé, leur système immunitaire serait perturbé. 

Le rôle des facteurs environnementaux

Poreuse et perméable, la peau sèche et sensible typique des enfants qui ont de l’eczéma laisse pénétrer toutes sortes d’allergènes. Elle réagit à la transpiration, à la chaleur, à certaines textures et matières irritantes de vêtements, mais aussi aux lessives, détergents, savons ou nettoyants. Certains enfants atopiques ont des allergies alimentaires (lait et œufs), aux animaux, aux acariens, aux pollens… Mais le lien entre dermatite atopique et allergie est loin d’être systématique et pas encore clairement établi.

Comment ça se passe dans la peau ?

La peau est très sèche, elle manque à la fois d’eau et de lipides
> il faut donc la nourrir avec des soins hydratants complets

La peau joue mal son rôle de barrière, la couche cornée est davantage perméable
> il faut donc la protéger des micro-traumatismes qui peuvent l’altérer encore davantage comme des soins d’hygiène trop agressifs ou un grattage permanent

La peau laisse passer les allergènes (facteurs extérieurs tels que la poussière, acariens…) et se sensibilise progressivement, ce qui provoque une réaction injustifiée et excessive du système immunitaire
> Impossible d’éliminer tous les allergènes à la maison et encore moins ailleurs, mais on peut contrôler les facteurs aggravants

L’organisme se défend contre cette pseudo-agression et déclenche une inflammation cutanée, c’est la poussée d’eczéma
> Les dermocorticoïdes sont pleinement justifiés à ce stade pour leur action anti-inflammatoire
 

Quels sont les traitements recommandés en cas d’eczéma de l’enfant ?

Même avec des traitements médicaux bien suivis, les récidives sont toujours possibles, car on ne guérit pas de l’eczéma atopique, puisque la cause est génétique. En revanche, il est tout à fait possible de bien gérer la situation pour que les poussées deviennent de plus en plus rares. 

Les recommandations du Dr Hugo Braga Tavares

« Il existe plusieurs traitements adaptés à l’eczéma de l’enfant, en particulier les dermocorticoïdes locaux et les inhibiteurs de la calcineurine pour contrôler l’inflammation, les anti-histaminiques par voie orale pour réduire les démangeaisons. Les cas les plus sévères nécessitent parfois des traitements médicaux systémiques, mais tous les patients, quel que soit leur âge et le degré de sévérité de l’eczéma atopique, doivent d’abord suivre le traitement de fond : appliquer des émollients (crèmes hydratantes) pour aider la peau à retrouver sa fonction barrière et ses propriétés protectrices pour la santé. Les facteurs déclenchants environnementaux doivent être évités. »

SOLEIL :
« La plus grande prudence s’impose en cas d'expositions solaires, pour les adultes comme pour les enfants. La peau doit être protégée par un photoprotecteur SPF 50+ et il faut renouveler l’application d’émollient après. »
 

BAINS :
« Les bains ne doivent pas durer plus de 5 à 10 minutes, avec de l’eau tiède et une quantité adéquate de nettoyant doux sans savon, éviter les frictions avec la serviette pour sécher la peau. Les soins hydratants doivent être appliqués le plus vite possible après le bain ou la douche.»
 

CRÈME HYDRATANTE :
« Les émollients augmentent le niveau d’hydratation de la peau et réduisent la xérose, avec un effet positif sur les démangeaisons, l’érythème, les fissures et la lichénification de la peau. Ils aident aussi à préserver et à restaurer la fonction barrière de la peau, diminuent le risque de surinfection bactérienne, préviennent les récidives et évitent parfois le recours aux autres traitements médicaux locaux. Voilà pourquoi l’application quotidienne d’émollients est recommandée, même si l’enfant ne présente pas de signes de crise d’eczéma. » 

Comment appliquer la crème hydratante ?

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Vous devez appliquer une crème émolliente 2 fois par jour au moins, surtout après la toilette, sur toutes les zones du corps et du visage, pas seulement aux endroits touchés par des plaques d’eczéma. Si vous devez aussi appliquer un traitement local prescrit par le médecin, peu importe l’ordre et l’heure d’application. On recommande en général d’attendre 30 minutes avant d’appliquer le soin hydratant par-dessus le traitement médical. 

Attention à la surinfection ! Quelques précautions simples permettent d’éviter la contamination bactérienne :
a) ne pas partager les produits avec un autre enfant atopique
b) préférer les flacons à pompe, plus hygiéniques
c) utiliser une cuillère propre ou une spatule pour prélever les crèmes en pot (ne jamais mettre ses doigts dans le pot).

Les 4 questions que tous les parents se posent

Est-ce une maladie contagieuse ?

NON : l’eczéma se voit mais ne se transmet pas, un fait important à expliquer à votre enfant, à ses copains et à leurs parents…

Faut-il avoir peur de complications ?

NON : à condition de bien traiter les crises d’eczéma et d’hydrater la peau chaque jour. Le principal risque tient à la surinfection.

Faut-il faire un bilan allergologique ?

NON : pas systématiquement, un bilan immuno-allergologique ne sera d’aucune utilité par rapport aux crises d’eczéma, sauf en cas d’échec des traitements locaux bien suivis et de retard de croissance. Certains médecins le conseillent pour déceler d’autres pathologies atopiques latentes, comme l’asthme et plus rarement des allergies alimentaires.

L’eczéma atopique, c’est grave ?

NON : mais c’est pénible à vivre. 3 niveaux ont été définis pour évaluer la dermatite atopique : légère, modérée et sévère, selon l’intensité, le type de symptômes et l’impact sur la qualité de vie. Selon les spécialistes3, la qualité de vie d’un enfant atopique est comparable à celle d’un enfant souffrant d’asthme ou de diabète. Pour 96% des médecins4, la dermatite atopique a un retentissement sur la qualité de vie des enfants et de leur entourage : traitement, alimentation, cadre de vie, sommeil, stress… N’hésitez pas à faire appel à un dermatologue ou à un pédiatre pour vous accompagner et trouver les réponses à vos questions. 
Bonne nouvelle, seulement 4% d’adultes de plus de 15 ans sont touchés5, car dans la grande majorité, la maladie disparaît au cours de l’enfance.
 

Les conseils d’Ela Crăciun, maman de 3 enfants atopiques

« Vous devez absolument utiliser des produits d’hygiène et des émollients spécifiques, comme le recommandent les médecins.  La gamme Atoderm de Bioderma réunit des produits adaptés pour cette pathologie, en fonction du degré de sévérité. En cas de problème de sécheresse cutanée, vous pouvez utiliser Atoderm Preventive, conçu pour prévenir l’aggravation de la sécheresse, même pour les nouveaux nés. En cas de poussées modérées, plaques associées à une inflammation de la peau (à l’origine des problèmes les plus sérieux) — avec ou sans traitement médical — utilisez Atoderm Intensive Baume. Les produits de toilette sont disponibles sous deux formes : gel ou huile de douche (Atoderm Gel poussant ou Atoderm Huile de douche). Un bain quotidien est recommandé pour les bébés avant 1 an. Néanmoins, si le bébé ne transpire pas et ne vit pas dans un environnement particulièrement pollué, le bain peut être moins fréquent : trop baigner un enfant peut être souvent néfaste. Lavez votre bébé avec un produit adapté et appliquez un émollient après le bain.
A long terme, et en prévention, vous pouvez aussi appliquer Atoderm Intensive Baume, pendant une poussée d’eczéma atopique. Si ce n’est pas suffisant, il faut basculer vers un traitement médical, tout en poursuivant les soins hydratants en complément. Le traitement doit respecter exactement la prescription du médecin. »

  • 1. Je nettoie

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    Atoderm Huile de douche

  • 2. Je traite

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    Atoderm Intensive baume

  • 3. Je traite

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    Atoderm SOS Spray

Articles complémentaires

1 Biedermann T, Skabytska Y, Kaesler S, Volz T. Regulation of T-Cell Immunity in Atopic Dermatitis by Microbes: The ying and the yang of Cutaneous Inflammation. Front. Immunol 2015 ; 6 : 353
2 Dermatite atopique. S.A. Büchner. Forum Med Suisse n°19, mai 2001
La dermatite atopique -John Libbey Eurotext – Décembre 2017
4 Guillet G, Cambazard F. Etude ATOPIA : enquête épidémiologique européenne dermo-pédiatrique synthèse des résultats : influence du terrain, de mode de vie et modalités de prise en charge des peaux sèches à tendance atopique du nourrisson, du bébé et de l’enfant. TAP Janvier 2006 – 10ème Congrès de Pédiatrie Pratique Paris.
5 Wollenberg A, Oranje A, Deleuran M et al. ETFAD/EADV Eczema task force 2015 position paper on diagnosis and treatment of atopic dermatitis in adult and paediatric patients. /Eur Acad Dermatol Venereol 2016 ; 30 : 729-47