Chez les jeunes filles comme chez les femmes adultes, hormones et acné sont une vraie problématique.
Le Dr Odile Bagot, gynécologue, explique les causes de l’acné hormonale et comment la traiter.
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Peau mixte, grasse à tendance acnéique
Durée de lecture : 10 min
Chez les jeunes filles comme chez les femmes adultes, hormones et acné sont une vraie problématique.
Le Dr Odile Bagot, gynécologue, explique les causes de l’acné hormonale et comment la traiter.
C’est une question qui revient souvent quand on parle d’acné. Et si l’acné était causée par un déséquilibre hormonal ? Pourquoi l’acné commence à la puberté ? Peut-on prévenir l’acné hormonale ? Quel lien entre acné et grossesse ? Acné et ménopause ? Comment soigner une acné hormonale ?
Quand on parle d’hormones, c’est souvent compliqué. Le Dr Odile Bagot, gynécologue à Strasbourg (France) et auteure du blog Mam Gyneco, nous explique enfin comment fonctionne l’acné hormonale.
L'acné hormonale commence après l'enfance, quand les ovaires commencent à fonctionner chez les filles et les testicules chez les garçons. C'est une pathologie qui débute et se limite souvent à la puberté mais elle se poursuit parfois à l'âge adulte.
DR Odile Bagot, Gynécologue
Beaucoup de facteurs endogènes jouent, des prédispositions personnelles, comme la génétique familiale, la résistance individuelle aux antibiotiques et bien sûr les hormones mâles, c’est-à-dire les androgènes.
D’autres phénomènes extérieurs liés à notre environnement ont un impact sur l’acné, c’est l’exposome, ce à quoi on est exposé dans la vie : par exemple, le stress, le tabac, certains cosmétiques, l’alimentation, la pollution et notamment les perturbateurs endocriniens.
Il y a une part hormonale constante dans l’acné mais elle est loin d’être unique.
DR Odile Bagot, Gynécologue
Oui, l’acné hormonale est en lien avec les hormones mâles mais pas nécessairement avec un excès de production de ceux-ci, c’est pourquoi, même si les femmes en réclament souvent, les dosages hormonaux sont inutiles car les taux sont la plupart du temps normaux.
DR Odile Bagot, Gynécologue
Les hormones mâles (androgènes) sont fabriquées par les testicules bien sûr, par les glandes surrénales mais aussi par les ovaires.
Car les femmes ont aussi de la testostérone, c’est normal, ça fait partie du paysage hormonal féminin.
Parce que les androgènes et la testostérone qui circulent dans le sang sont très peu actifs : seulement 2 % de la testostérone en circulation est biodisponible dans le sang.
Les 98% restants sont captés par des protéines porteuses, qui les transportent vers les cellules cutanées où ils sont transformés pour devenir actifs.
C’est le cas de la testostérone qui se transforme en en DHT (dihydrotestostérone), une hormone beaucoup plus puissante, mais seulement lorsqu’elle atteint les cellules cutanées. Il faut qu’il y ait tout cet enchaînement pour voir un effet sur la peau.
Voilà pourquoi les dosages sanguins d’androgènes sont généralement inutiles.
DR Odile Bagot, Gynécologue
Pour résumer les androgènes libres ont 2 effets :
Beaucoup de femmes ont remarqué le lien entre acné et règles. Elles ont de l’acné avant les règles, en période pré-menstruelle, un grand classique de l’acné hormonale. Le Dr Odile Bagot apporte quelques éclaircissements sur le rôle des hormones féminines, œstrogènes et progestérone.
Les oestrogènes ont un rôle bénéfique sur l’acné car ils agissent directement en réduisant la production de sébum par le follicule sébacé et indirectement en augmentant la production des protéines qui captent les androgènes, baissant ainsi le taux de testostérone biodisponible.
Dans le cycle féminin, il faut distinguer 2 phases :
La phase folliculaire qui se termine avec l’ovulation autour du 14ème jour, caractérisée par une sécrétion importante d’œstrogènes.
La peau est généralement éclatante à ce moment-là.
La phase lutéale après le 14ème jour, avec une production de progestérone qui n’a pas d’effet androgénique, en principe.
Puis, le taux d’œstrogènes descendant progressivement, il y a souvent une poussée d’acné avec sécrétion de sébum et une peau plus grasse en période prémenstruelle.
En période ovulatoire, au milieu du cycle, les œstrogènes ont plutôt un effet favorable sur l’acné
On n’a pas vraiment d’explication sur la résurgence de l’acné en période prémenstruelle, qui est pourtant une réalité, tout comme les poussées d’acné en début de grossesse. Le seul point commun, c’est l’augmentation de la progestérone à ce moment-là. Il y a une hypothèse sur l’impact de la progestérone sur l’acné mais rien n’est démontré aujourd’hui.
Dr Odile Bagot, gynécologue
Le Dr Odile Bagot propose 3 moyens d’agir quand on a une acné hormonale :
En période ovulatoire, au milieu du cycle, les œstrogènes ont plutôt un effet favorable sur l’acné
On n’a pas vraiment d’explication sur la résurgence de l’acné en période prémenstruelle, qui est pourtant une réalité, tout comme les poussées d’acné en début de grossesse. Le seul point commun, c’est l’augmentation de la progestérone à ce moment-là. Il y a une hypothèse sur l’impact de la progestérone sur l’acné mais rien n’est démontré aujourd’hui.
DR Odile Bagot, Gynécologue
La pilule est un contraceptif, mais elle a des bénéfices secondaires, en termes de régularité des cycles, de diminution des douleurs de règles et d’amélioration de la peau
La pilule c’est l’association de 2 hormones : un progestatif et un œstrogène. Il existe aussi des pilules progestatives pures, dont la plupart sont à déconseiller en cas d’acné hormonale.
La pilule a une action sur tous les éléments-clés des androgènes, lorsqu’elle est suffisamment dosée en œstrogènes et contient un progestatif anti-androgénique :
Certaines pilules sont indiquées pour le traitement de l’acné, au-delà de leur effet contraceptif
DR Odile Bagot, Gynécologue
Non, c’est juste retour à la case départ !
Il n’y a pas d’effet rebond avec la pilule. Simplement un retour à l’état antérieur.
Il ne faut pas oublier quel était l’état de la peau juste avant de prendre la pilule. Si vous n’avez pas eu d’acné pendant de nombreuses années, c’est grâce à la pilule. Après, il est possible que la pilule ait masqué une acné tardive, qui serait apparue après 25 ans.
DR Odile Bagot, Gynécologue
L’acné est plus importante au 1er trimestre, ensuite elle se stabilise.
L’acné qui survient lors de la grossesse peut avoir plusieurs explications :
L’acné n’a pas d’impact sur le bébé mais la plupart des médicaments anti-acnéiques sont contre-indiquées pendant la grossesse. Il faut aussi être vigilante quant à ce qu’on applique sur la peau, éliminer les produits qui contiennent des parabènes, des phtalates, du triclosan car ce sont des perturbateurs endocriniens.
En pratique, l’acné a tendance à disparaître vers 40 ans
En théorie, la ménopause peut déclencher une poussée d’acné car le climat de cette période est plutôt androgénique, avec une carence en œstrogènes. Mais en pratique, l’acné a tendance à disparaître vers 40 ans. Les traitements hormonaux substitutifs sont plutôt favorables en cas d’acné hormonale, puisqu’ils apportent des œstrogènes. Enfin, à cet âge, il ne faut pas confondre acné et rosacée, qui n’est pas hormonale et nécessite de consulter un dermatologue.
DR Odile Bagot, Gynécologue
Toutes les acnés sont hormonales à l’adolescence.
Mais pourquoi, chez un grand nombre de filles, la peau acnéique perdure à l’âge adulte ?
D’abord, les femmes subissent des variations hormonales tout au long de leur vie, à cause du cycle menstruel et de la grossesse. Mais d’autres facteurs sont en cause.
Les particules polluantes dans l’air, tout comme les perturbateurs endocriniens, peuvent être responsables de l’aggravation des poussées d’acné.
Par leur action agressive sur la peau, les agents polluants affaiblissent la barrière cutanée, rendant ainsi la peau plus vulnérable à la pénétration des impuretés, les plus fines.
Quand la barrière de la peau ne fonctionne plus correctement, elle crée un terrain propice à l’apparition de l’acné.
Par ailleurs, l’exposition aux perturbateurs endocriniens finit par impacter le métabolisme des hormones et ces perturbations induisent des poussées d’acné.
Les sucres raffinés ont un rôle sur l’état de la peau. Leur consommation excessive augmente la glycémie, nécessaire à la production d’insuline et à la régulation du taux de sucres sanguins.
Quand l’insuline est produite, elle fabrique elle-même l’hormone de croissance IGF-1 dans le foie. Ensemble, ces hormones dilatent les pores de la peau, stimulent la production de sébum, augmentent la sécrétion d’androgènes et en plus, entretiennent l’inflammation.
Il en va de même pour les produits laitiers, qui semblent créer également un terrain favorable aux poussées d’acné.
Quand nous subissons un stress, le corps fabrique une substance appelée cortisol. Lorsque son taux augmente dans le sang, il stimule certains récepteurs, provoque une augmentation de la production de sébum et des réactions en chaîne jusqu’à la poussée d’acné.
En plus, l’hormone du stress produit aussi des neuromédiateurs qui activent les récepteurs des glandes sébacées, qui deviennent plus sensibles. Le terrain est alors idéal pour l’apparition de l’acné.
Une peau acnéique est aussi plus sensible et nécessite une routine de soin spécifique. En cas d’acné sévère, la patience et un traitement médical adapté sont essentiels pour venir à bout des poussées et casser le cycle inflammatoire.
Les 3 clés pour mieux maîtriser l’acné :
Pour plus de sécurité, privilégiez les produits qui portent la mention « non comédogène ». Pour vous, c’est la garantie qu’ils ont été testés spécifiquement pour ne pas avoir d’effet sur les peaux acnéiques.
Comment atténuer l’impact des facteurs aggravants sur l’acné ? Voici les 4 bons réflexes à adopter :